Montée d’une forte fierté

coqPourrait-on être un fier-à-bras

Réellement fier de soi ?

Celui qui pavane son fier toupet

Est-il tout juste un fier pet ?

 

Fier comme un coq

D’une fierté qui choque

Vaut mieux perdre fierté déplacée

Pour retrouver fierté bafouée

 

Saisi d’une fierté persistante

L’esprit gonflé de fierté ardente

Brûle de fierté délirante

Souffre de fierté violente

 

Fierté du samedi soir

Simple fierté passagère

Fausse fierté inflammatoire

Brève fierté printanière

 

Bonne dose de fierté dévorante

Bonne leçon de fierté persistante

La fierté vaine consume

La fierté souveraine s’assume

 

Faut-il flatter la fierté surestimée

Ou défendre sa fierté indignée?

La fierté sincère s’acquiert avec temps

Mourir dans la fierté, ultimement

 

Éructer toute lueur de fierté vanité

Embrasser son humble fierté vérité

Faire preuve de fierté à ses heures

Dans une profonde fierté intérieure

Publié dans Hommage aux mots | 1 commentaire

Vue du haut du ciel

Du haut de mon battement de ciel nébuleux

J’aimerais tant descendre cette nuit de mes beaux cieux

Descendre aux enfants délinquants et capricieux

On capturerait le soleil impétueux

Se laisserait emporter par un vent frauduleux

Voguerait au fond des océans tumultueux

Défricherait les champs coquets et luxueux

La vie allongerait son silence respectueux

J’aimerais tant écrire avec mon sang vigoureux

Jusqu’à en avoir peur de mon ombre chinoise

Je me ferais greffer un coeur à coeur d’enfant

Je resterais loin de la foule sournoise

Et aux petites heures du matin levant

… … … … … … … … … … … …

J’aimerais tant ralentir ce temps somptueux.

Publié dans Hommage aux mots, L'Entonnoir | 2 commentaires

Poème de Paix tendre

J’aimerais faire la Paix dorée

Consommer une Paix intégrale

Œuvrer pour la Paix artisanale

Signer la Paix, baguettes en l’air

Pour un simple croûton de Paix

 

Mais pour bien gagner sa Paix universelle

Il ne faut pas mendier sa Paix

Ni rompre la Paix générale

On doit pétrir notre Paix intérieure

Et surtout partager sa Paix

 

Sinon on n’a qu’une Paix perdue

Qu’on ne saura maintenir en Paix moelleuse

Une petite tranche de Paix parfois

Suffit pour faire la Paix avec son prochain

Mieux vaut offrir une Paix sucrée, qu’une Paix grillée

 

À tous ces faux gardiens de la Paix

Qui jugent leurs pairs de Paix déshonorante

Et qui volent la Paix de la bouche des enfants

Épris de Paix, on a juste envie de leur crier :

« Donnez-nous notre Paix quotidienne

Allez en Paix profonde

Laissez-nous en Paix sur terre

Achetez la Paix durable s’il le faut

Militez pour la Paix mondiale

Traitez la Paix entre les nations

Dormez en Paix totale

Reposez en Paix éternelle

Mourrez en Paix sereine

Mais bordel, foutez-nous la Sainte Paix! »

 

C’est le jour de Paix glorieuse

On reçoit notre fiche de Paix civile

On touche enfin notre Paix sereine

Un traitement de faveur de la Paix

C’est le prix Nobel de la Paix à payer

Pour atteindre sa prochaine Paix salutaire

 

Le temps d’une Paix paisible et pacifique

Fumons le calumet de la Paix harmonieuse

Engageons-nous pour faire la Paix

Pour enfin vivre en douce Paix

Respect pour la Paix

 

Reste en Paix à mes côtés

Peace and love-moi

Paz-moi la Paix s’il-te-plait

Frieden l’huile au four à Paix

Salam amie !

Publié dans Hommage aux mots | 4 commentaires

Tourbillon de mots

Je suis flabbergastée par le bonbon si suave que ma maman m’a donné mais trop difficile à croquer par une telle chaleur. Je dois garder silence et le focus auprès d’elle pour ne pas être turbulente.

Soudain, une brise océane vient laisser filer un rayon de soleil entre les nuages. Un beau pied-de-vent, comme dirait mon grand-père madelinot, qui fait un pied de nez au tourbillon du temps.

Nonobstant, le geste de dénégation de ma mère qui refuse de m’entendre turluter sur la plage, ce filet de lumière m’apporte une immense paix.

Je sens tout son amour pour moi dans son regard céleste qui me fait toute une fleur. Comme le rhododendron, je nécessite peu d’entretien. Elle pourrait m’emberlificoter avec ses yeux doux et je ferais n’importe quoi pour avoir sa complicité. J’éprouve un amour grandiose à son égard. J’aurais envie de lui crier dans toutes les langues du monde : je te love, liebe, liefbe, amor, amore! Mais je me retiens.

Inconsciemment, dans mes rêves, j’essaie de me débarrasser de ce sentiment de turpitude complètement obsolète. Je deviens Babylune, une libellule libérée et fière de son appartenance au sexe féminin, sans aucune ambiguïté.

L’air frais du large me fait revenir au présent. Je cesse enfin de ressasser le passé. Mes timides balbutiements sortent avec dissonance mais j’ose enfin lui chuchoter : je..t’aime maman. Je sens que je lui fais un petit velours et mon caramel dur a enfin fondu dans ma bouche.

Publié dans Hommage aux mots | 1 commentaire

Il est drôlement temps

Quel temps de cochon!

Je t’attends, je t’attends…

Et pourtant

Tu arrives juste à temps

Il était temps

Je passe mon temps

Tout le temps

Depuis trop longtemps

À perdre mon temps précieux

Pour occuper mon emploi du temps

À vivre à contre-temps

 

Et pendant ce temps

Le temps joue contre nous

Le temps file, le temps presse, le temps nous compresse

Et pourtant

En deux temps trois mouvements

On court après notre temps

Et l’on tente, autant comme autant

De mesurer quelques temps

De compter chaque temps

De contrôler certains temps

Et pourtant

On a jamais le temps

 

Le temps est temporaire

Le temps est intemporel

Tu crois que ton temps est important

Mais tu sais autant que moi

Que tu ne peux saisir nul temps

Avec aucune de tes tentacules

 

Tu crois investir ton temps

Et pourtant

Ton temps est compté

En voulant gagner du temps

On tue le temps qu’il nous reste

Et on ne vit plus au temps présent

On croit nos temps plus que parfaits

Mais ce temps est parfaitement imparfait

Dès qu’on se projette dans le temps futur

Ce même temps est déjà passé

C’est simple, on n’est plus de son temps

 

Avec le temps

On a de moins en moins de temps

D’accorder autant de temps

Au temps

Tant qu’à y être

Tentons de nous entendre

Pendant qu’il est encore temps

 

Je sais, c’est tentant

De se réfugier dans le bon vieux temps

On aurait envie de voyager à travers les temps

Ou de traverser l’espace-temps

De retourner aux temps antiques

Aux temps préhistoriques

 

Mais prends tout ton temps

Laisse le temps libre

Il est enfin temps

Qu’on arrête le temps

Ce temps n’est pas perdu

Ce temps est infini

Autant qu’il est indéfini

 

Attends

(…)

Tiens!

Un temps mort

(…)

Enfin

Notre temps est écoulé.

Publié dans Hommage aux mots, L'Entonnoir | Laisser un commentaire

C’est la Goutte qui déborde

Défi Juillet 2015

https://lentonnoir.wordpress.com/2015/07/01/defi-juillet-2015/

Le défi consiste à composer un texte ayant pour thème « L’été » en y intégrant un plan d’eau naturel.

============================================================

Je suis née par un torride après-midi d’été orageux. La belle saison débutait à peine et la canicule régnait déjà. La tension était tant à son comble que l’atmosphère était électrisante. Il n’en fallut pas plus pour que la guerre éclate entre mes parents qui s’engueulaient magistralement. Ma mère Cumulonimbus, à la veille d’accoucher, se faisait cinglante. Elle produisait des éclairs magnifiques et spectaculaires mais qui pouvaient électrocuter quiconque avait le malheur de se trouver sur son passage. Mon père Tonnerre, un impressionnant baryton, rugissait de manière tonitruante mais n’aurait pas fait de mal à une mouche.  Une telle condensation s’était accumulée en la demeure que ma mère en perdit ses eaux. C’est alors que je suis sortie en une seule poussée en compagnie de mes multiples sœurs. J’aime à croire que nous avons tant inondé de bonheur mes parents qu’ils sont parvenus à faire la paix par la suite. Mais c’est probablement l’arrivée de mon oncle tout rayonnant, le roi Sun, et ma tante toujours aussi colorée, la reine Bow, qui les auraient égayés.

Mon début de vie n’est pas très calme mais drôlement excitant. J’atterris dans un foyer d’accueil mené par une tumultueuse madame Rivière virevoltant avec ses courbes abondantes. À mon grand désespoir, non seulement je suis séparée de mes parents à ma naissance mais je perds mes sœurs de vue dès notre arrivée dans cette Mer de monde. Toutes les Gouttes se ressemblent tant qu’on ne peut les distinguer les unes des autres. Qui suis-je parmi elles? Pourtant, je reconnais la force du groupe. Seule je suis inoffensive et vulnérable mais en troupe, nous sommes puissantes et admirables. Nous pouvons même être terriblement dangereuses si nous le souhaitons.

Nous avançons si vite qu’au détour d’un rocher, nous sommes propulsées avec une telle force qui nous projette dans une chute vertigineuse. J’en suis toute étourdie et à la fois enivrée par tant de beautés de cette Nature qui nous enveloppe que mes yeux ne savent plus comment toutes les absorber. Quelle nourrice est-elle cette grand-mère Nature! Heureusement qu’elle est là. Elle m’empêche de croupir dans mon coin. Jamais je ne l’oublierai. Elle donne un sens à cette vie précipitée.

Je poursuis ma route sur un Fleuve un peu plus tranquille. Mes sœurs d’adoption et moi sommes ensuite dirigées vers un environnement plus stable où l’on ne se déplace qu’à l’intérieur d’une enceinte. J’aime accueillir parmi nous les enfants humains. Ils s’amusent à nous chevaucher, à passer au travers de nous, à culbuter, avec un éclat de joie dont seulement ces gamins connaissent le secret de fabrication. Quelques adultes semblent avoir conservé le souvenir de cette recette fantasmagorique et savent la reconstituer à l’occasion. J’adore porter ces magiciens de l’eau sur mon dos, parfois avec une simple embarcation bien que rien n’égale le contact peau à peau.

Comme toute bonne chose a une fin dit-on, un triste jour, notre accès leur est interdit. Quelqu’un quelque part a décidé que mes sœurs et moi leur appartenons. Les propriétaires posent alors une chaîne avec un cadenas dont seulement quelques privilégiés possèdent la clé et le loisir d’ouvrir une porte menant à nous. Comme il n’y a presque plus d’enfants autour de ce fameux Lac devenu si ennuyant, ces élus n’ont pas la même habilité à jouer avec nous. Parfois même, quelques passants nous jettent des ordures au visage. Aucun respect pour grand-mère Nature notre source. Je ne comprends pas. Est-ce donc les invités de marque du proprio qui nous salissent ainsi avec leur huile à moteur ou quelques frustrés qui enfreignent jalousement les règles?  Peu importe à qui la faute mais ce milieu de vie est devenu carrément invivable. Je sens que nous avons de plus en plus de difficulté à respirer. Et la goutte qui fait déborder la vase est de recevoir les excréments des humains directement via notre sous-sol sous-marin.

C’est décidé, il est temps que je m’enfuis. J’ai envie de faire exploser un barrage quelque part pour retourner dans la vie active et plus vive. Mais j’aurais besoin de la collaboration de mes pairs et même d’avoir des renforts provenant du ciel, nos voisins Tornades et Ouragans sortant leurs canons. Seule, je me sens comme une simple Goutte perdue dans la demeure majestueuse de mon grand-père Océan. Ne pouvant passer par la grande porte, je trouve alors une plus petite issue. Une fissure bien que bouetteuse, m’offre la porte de sortie qu’il me fallait coûte que coûte. Via ce petit Ruisseau, j’aboutis en cette fin de mes jours estivaux dans un Marécage stagnant ou plus grand signe de vie ne circule, à part ses grandes algues aux allures gluantes et insignifiantes.

Profitant de cette chaleur étouffante pour m’évaporer, je retrouve ma forme éthérique pour retourner d’où je venais, aux cieux dans les nuages, au creux du ventre de ma mère. Je compte bien me réincarner un de ces jours. Certainement pas pour vivre dans un environnement aseptisé enfermée dans l’une de ces bouteilles de plastique. Peut-être irais-je rejoindre mes ancêtres les Glaciers, arborant ma belle chevelure blanche. Mais encore, ces derniers disparaissent avec le temps et leur progéniture se disperse paraît-il. Vaut mieux rêver de rejoindre mes cousines vivant dans les pays chauds. Je sais comment leurs blagues salées et leurs discussions déchaînées provoquent des vagues. Je m’y amuserais follement, il me semble.

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Mes éternels ennemis

Défi Janvier 2015

https://lentonnoir.wordpress.com/2015/01/06/defi-janvier-2015/

Parcours obligé avec 18 mots choisis du poème Pour retrouver le monde et l’amour de Gaston Miron.

============================================================

Voilà une éternité que je n’aie pu entrer dans des maisons.

De vraies demeures où des gens vivent de vraies émotions

Pas comme ici, où les habitants ne sont habités que de rancoeurs.

Je repasse sans cesse dans ma tête le chemin qui m’a menée entre ces murs.

J’entends incessamment autour de moi les clameurs.

Existent-elles seulement dans ma tête dure?

Elles ont tant courus, à mon sujet, ces fameuses rumeurs.

J’aimerais rêver de musique, de voyage aux paysages époustouflants.

Mais bien malgré moi, j’en suis privée également.

Parfois, je me surprends à attendre un miracle.

Une personne sur ma liste d’invités contournerait les obstacles.

L’espoir est parfois plus cruel que le désespoir.

Dans cette tourmente, je me sens poussée au bout de l’entonnoir.

Je ne sais plus de quelle perte, j’ai le plus de regrets.

Peut-être bien les regards bienveillants et discrets?

Cette vie étrange dans cet habit austère, je n’y puis rien comprendre.

Une seule petite lumière est enfouie bien au fond de mes méandres.

Une nouvelle  vie à l’extérieur me serait-elle plus paisible?

Peu importe les toits qui m’abritent, c’est possible

Que mes pires ennemis cohabitent en mon être

Se chamaillant entre eux, sans jamais disparaître.

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Le Bonheur est dans la lenteur 2

Défi d’octobre 2014: Anthropomorphisme: s’exprimer au nom d’un être vivant autre qu’un être humain

J’aime ma nouvelle vie de bestiole, dépourvue de stress, avec ma carapace sur le dos.

Dans ma vie précédente, je m’appelais Fred. J’étais un humain sans domicile et ne demandais rien à personne. Je me débrouillais avec ce que je trouvais sur mon passage. Je gardais tous mes avoirs dans mon chariot d’épicerie, c’était ma maison. Jamais je ne m’en séparais.

Je ne demande encore rien à personne et personne ne s’occupe de moi. Je me contente de peu. Quelques feuillages sur mon passage me suffisent. Je prends tout mon temps. Quelques millimètres à la fois. Je vais nulle part. La vie rêvée quoi.

Un jour, un garçon se promenant dans la ruelle me saisit par la coquille. « Regarde maman, j’ai trouvé un escargot! » Mais pourquoi me porte-t-il attention celui-là? Sa mère lui suggère de m’apporter à leur maison. Bien caché au fond de ma carapace, je fige pendant qu’on me trimballe vers ce lieu inconnu.

Le curieux m’observe longuement en m’éclairant de toute sa lumière. Pas question que je sorte de chez moi. Il va bien finir par se désintéresser de ma petite personne insignifiante. Il s’évertue à me trouver diverses nourritures. Il me dépose sur un coquillage avec une feuille de menthe. Hummm, j’adore la menthe, ça me rappelle les dragées à la menthe que j’adorais tant lorsque j’étais Fred. Trop curieux, je sors une antenne à la fois, pour renifler cette feuille de menthe. Seulement une petite lippée rapide puis je retournerai dans ma caverne. C’est mal me connaître. Je ne connais pas la vitesse et je suis trop gourmant. Je m’accroche à cette feuille de tout mon long, je la succionne avec passion. Je m’enivre et j’oublie le petit garçon qui m’espionne avec enchantement. Il me donne une mini carotte. Je n’avais jamais réalisé comment c’était délicieux une carotte. La texture est parfaite pour moi et c’est juste assez sucré. Je m’en délecte et me sens regaillardi comme jamais. Il m’offre ses jouets mais j’y monte à mon rythme. Heureusement qu’il est patient ce jeune homme. Il n’attend pas de moi que je saute comme une grenouille. Je dois me reposer maintenant, j’ai dépensé beaucoup trop d’énergie. Je m’assoupis dans un recoin de sa maison d’espion Playmobil.

Le lendemain matin, mon nouveau compagnon vient me réveiller d’une douche froide. Un peu raide comme réveil. Il s’appelle Lou et il a décidé de me nommer Mignon. Ce sont des prénoms…dangereux, beaucoup trop attachants. Les prénoms peuvent créer une dépendance. J’ai toujours fuit les dépendances, l’alcool, la drogue, le travail, le sport et …le sucre. Quoique le sucre, je ne suis pas certain que j’aie pu éviter cette dépendance. Je suis mort étouffé par un sucre d’orge au miel dans ma vie humaine, après tout. Mais quelle extase! Je crois que cette expérience en valait la peine. Je me demande si l’attachement à un autre être peut également en valoir la peine, même si on peut en mourir de peine. Voilà que mon ami Lou me fait monter sur son bras. Il m’accepte comme je suis, malgré ma viscosité. Il en rigole. Je grimpe leeeeeentement mais Lou m’observe paaaaatiemment, fasciné. On prend goût à ce contact humain-escargot peau à peau. Je suis rendu près de son œil. On dirait qu’il me fait confiance. Devrais-je lui faire confiance?

Tous les matins se ressemblent pas mal. Lou me nourrit toujours de carottes et de feuilles de menthe. Mais sa mère lui a recommandé de me garder dans une cage, supposément pour me protéger. Quelle idée! J’ai déjà ma propre maison sur le dos qui me protège. Quoique celle-ci m’embête parfois car elle m’empêche de me faufiler à travers les barreaux de cette maudite cage. Mais où pourrais-je bien aller? Dehors? C’est vrai que j’étais bien, tout seul, dehors.

Je pourrais profiter des petites balades dans le gazon que Lou me fait prendre, pour m’enfuir. Mais ma lenteur exemplaire joue contre moi. Peut-être qu’au fond, je n’ai pas si envie de me séparer de lui.  Un jour, lors d’une balade, Lou me trouve un ami escargot au parc. J’en suis bien heureux, je vais enfin avoir de la compagnie de mon espèce. Quelle est cette attitude? Je n’ai jamais désiré d’ami avant. « Hey! Le compère, what’s up? » lui dis-je en langage d’escargot. Pas un mot, pas un geste. Est-il mort ou quoi? J’avoue qu’avant d’être apprivoisé, j’aurais probablement réagi aussi sauvagement, sans sortir de ma coquille. Soudain, la mère a une bizarre d’idée de déposer l’ami potentiel sur le skateboard. Alors Lou par mégarde dépose son pied sur sa planche, puisque c’est ce qu’on y dépose habituellement et non un escargot! Avec grand désarroi, Lou tue mon futur comparse… C’est la panique, ces humains sont dangereux! Moi qui me croyais à l’abri dans mon armure, je réalise que ces monstres peuvent m’écraser comme une pinotte. Je veux m’en aller!!!

Comme je ne peux m’enfuir à l’extérieur, je m’enfuis de l’intérieur. Je me trouve un coquillage dans ma cage et pour m’y enfouir profondément. Au début, ils capotent, ils me cherchent partout autour de la cage. Ha! Tout un tour que je leur ai joué! Mais Lou, avec son astucieux sens de l’observation découvre ma cachette. Ouf! Ils sont incapables de m’y arracher. Je m’accroche et je m’étends dans mon nouvel appartement un peu plus vaste.

Après quelques jours, je commence à avoir faim, je m’ennuie des carottes et des caresses de Lou. Ils croient que je les boude et me « respectent » dans mon immobilisme. Ils ne réalisent pas que je suis coincé! Je ne peux plus sortir de mon habitacle même si je le veux. Au secours! Ils se décident enfin à m’en sortir en détruisant ma prison à coups de pince. Je retrouve ma semi-liberté avec bonheur.

L’hiver arrive et Lou mon humain de compagnie prend toujours soin de moi, son Mignon. Il me laisse suffisamment tranquille pour vivre ma vie d’escargot en paix. Un millimètre à la fois. C’est tout ce que je demande.

Publié dans Bonheur lenteur, L'Entonnoir | 1 commentaire

Zillonien en cavale

http://lentonnoir.wordpress.com/2014/08/01/defi-aout-2014/                                               ZILLONIEN: ÉPISODE 5


Cher journal de voyage,

Il y a fort longtemps que je ne t’aie écrit car ma vie était plus paisible depuis mes dernières 522 722 secondes passées sur cette étrange planète Terre avec deux r. Cette planète extra-zillonienne me semblait bien insipide dans les 220 022 premières secondes que j’y ai péniblement vécues à mon arrivée, avec ses grands espaces verts nauséabonds et cette liberté étourdissante.

Mais malheureusement, j’ai dû quitter ce matin ce splendide asile qui m’avait été gracieusement offert pour terminer mes secondes. Je devais sauver ma dulcinée Bertrande qu’on m’avait égoïstement enlevée. Durant 8 644 secondes, ils l’ont enfermée dans sa chambre et lui ont enfoncé un tas de tubes dans le corps et la tête. J’avoue qu’au début, je l’enviais d’être bichonnée de la sorte. Mais après tout ce temps, j’en avais marre car je m’ennuyais profondément sans sa conversation toujours pertinente et follement amusante. Alors aux aurores, j’ai délicatement déposée Bertrande sur mon épaule pour m’enfuir avec elle, en replongeant avec bravoure dans cet enfer verdoyant. Son corps était aussi léger qu’une plume. Auparavant, je préférais la lourdeur de ma voluptueuse Greta mais j’ai fini par m’habituer à la maigreur. Maintenant que l’on peut percevoir les os sous sa peau beigeasse, ça lui donne un joli ton bleuâtre qui me rappelle les Zilloniennes de mon enfance.

Nous nous sommes dirigés sur la grande route à 6 voies, où l’air est moins asphyxiant et où les voitures vont à une vitesse un peu plus décente. Bien que sur ma planète Zillon, on s’endormirait à les regarder lambiner ainsi. J’avais vu dans un «film» que les Terrestriens levaient leur 5e protubérance au bout d’un de leur bras, vers le haut, pour attirer l’attention d’une de ces ridicules voiturettes. On appelle ainsi les communications animées dans une petite boîte. Un jour d’ailleurs, j’ai aperçu dans un de ces «films», un Terrestrien avec mon apparence, levant ainsi sa 5e protubérance pour vivre par la suite de folles aventures avec de hideuses créatures. Mes compagnons d’asile l’appelait Brad Pitt, le confondant avec moi. J’ai donc enfin rencontré mon affreux modèle via la petite boîte. J’ai tenté de communiquer avec lui mais il m’ignorait, refusant de faire face à son image. Je le comprends, moi-même, je suis incapable de me regarder dans le miroir sans avoir un haut le cœur. À moins que ce soit un autre voyageur de mon espèce qui soit tombé avec malchance sur le même dégoûtant modèle en entrant dans le transformato-adapto. Pauvre lui, je le plains. On nous offre que peu de choix, tous à seulement deux bras deux jambes, il faut dire.

Bref, après de trop nombreuses secondes d’attentes, qu’heureusement le liquide clair tombant du ciel avait apaisées, une voiturette arrêta devant moi et ma bien-aimée. Les deux Terrestriens intrigués me demandèrent d’abord si je m’appelais Brad Pitt, j’ai fait signe que oui. Ils nous ont dit d’embarquer à l’arrière. C’est alors qu’un dialogue absurde s’enclencha. C’est vrai que j’étais habitué à des échanges hautement intellectuels dans mon chaleureux asile.

Homme : Vous devez être un sosie. Vous gagneriez des concours, sans blague.

Femme : Ben voyons, c’est peut-être le vrai… So, Brad, I’m very glad to meet you. Where could we drive you today ?

Zut, elle s’est mise à me parler dans un autre langage que celui auquel je m’étais adapté. J’avais perdu mon traducteur intégré lorsque j’ai été fouillé par le brutes bleues avant d’être hébergé en prison.

Moi : Vous pouvez me parler dans votre langage premier.

Homme : Han, je le savais que ça ne pouvait pas être le vrai !

Femme : Ça veut rien dire, il est peut-être bilingue, et en tournage au Québec. Wow, vous parlez bien le français. Où peut-on vous mener mon cher M. Pitt ? On peut faire des détours pour vous accommoder. C’est gentil de prendre soin de votre mère.

Moi : Je m’en vais… n’importe où mais en ville.

Homme : Ouan, ça m’dit pas grand-chose. On s’en va justement à Montréal. Peut-être vous voulez aller à l’hôpital, elle a pas l’air bien votre mère.

Moi : Bertrande est une personne très bien. Vous ne l’insulterez pas comme ça.

Bertrande : Ah mon beau Brad, toujours là pour me défendre. C’est qui eux autres ?

Femme : Tu vois bien que c’est le vrai, sa mère l’appelle Brad.

Moi : T’en fais pas chérie, il ne sont que nos conducteurs vers une vie meilleure.

Bertrande : J’ai mal au cœur, je vais vomir.

Homme : Vite, as-tu un bol, un sac quelque chose ! Ah merde, trop tard, mon beau char neuf ! Dis-moi pas qu’il va sentir le vomi pendant mes quatre ans de location.

Femme : Parle pas comme ça. Tu devrais avoir un peu de compassion avec sa mère tout de même ! Ça va-tu madame Pitt ? Bon, sort de l’autoroute là, on va allez tout nettoyer dans une station service.

Homme : Toi, pis tes maudites idées d’embarquer des pouceux, juste parce qu’il est cute comme Brad Pitt pis t’es pas capable de contrôler tes envies de petite groupie ! Tu vois où ça nous mène. Je te loue mon char maintenant, tu pourras récolter de l’ADN de Pitt.

Femme : Arrête de t’énerver, elle est en train de tomber dans les pommes la madame. On parle d’une question de vie ou de mort. Madame, Madame, répondez-moi !

Moi : Bertrande ? Ah zut, j’ai bien l’impression qu’elle ne m’a pas attendu. Elle est déjà partie dans un autre monde.

Homme : Coudonc, aviez-vous fait un pacte de suicide ou quoi ! Ces vedettes- là ils sont tous dans une secte !

Femme : Arrête de leur parler aussi impoliment. Bon stationne-toi là puis appelle le 911.

Homme : Bonne idée, les policiers vont nous en débarrasser.

Moi : Policiers, c’est le nom des brutes bleues ! Pas question que je retombe entre leurs pattes. Adieu !

Je m’enfuis en courant, utilisant sans gêne ma vitesse de Zillonien. Au moins, avec ce vêtement en papier blanc, je me sens plus léger. Dommage d’avoir laissé dans ce véhicule un repas aussi appétissant que ma Bertrande m’avait trendrement régurgité. Ça sentait la même chose qu’un bon sprouchniktou de chez nous.

Publié dans L'Entonnoir, Zillonien | 1 commentaire

Mes deux perles

Johannes_Vermeer

Défi de juillet 2014 : Déchiffrer le regard de La Jeune fille à la perle de Vermeer

Je sais que mon amoureux m’a offert cette fausse perle énorme qui perce mes oreilles pour attirer la lumière et les regards sur moi.

M’aimera-t-il sans bijou et sans artifice? M’aimera-t-il sans maquillage ou avec du rouge à lèvres si j’ai envie de mettre du rouge à lèvres? M’aimera-t-il avec ou sans ce foulard que mon père me demande de porter pour camoufler ma chevelure? M’aimera-t-il avec ma peau qui flétrira un jour? M’aimera-t-il pour qui je suis réellement?

Aujourd’hui, je viens d’avoir quinze ans. Je suis une jeune fille qui ne connaît pas sa beauté et qui désire être désirée pour exister. On m’a offert cette perle pour orner mon visage que j’imagine trop fade. Je me retourne pour me regarder dans le miroir et je ne vois que mes propres deux perles brillantes qui m’observent remplies d’incertitude.

Je sais que ces perles authentiques ne me quitteront jamais. Elles seront mes meilleures alliées. Libérez-moi du regard des autres pour affirmer ma féminité.

J’aurais beau le farder, mon regard ne ment pas. Il est moi et révèle qui je suis du plus profond de mon être.

 


Mon texte publié sur l’Entonnoir

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Le Bonheur est dans la lenteur

Défi de juin 2014 sur L’Entonnoir: Stress, excès et tonitruance

Dans la foule bruyante et pressée du centre-ville, Fred avance à pas de tortue, bloquant le passage avec son gros chariot rempli de belles cochonneries accumulées au fil des ans. Combien d’années déjà ? Fred ne s’en rappelle plus. Il faut dire que toute personne qui ait pu le connaître dans sa jeunesse ne vit plus aujourd’hui. Ses meilleurs amis sont morts, soit d’une crise cardiaque, d’un cancer ou d’une overdose. Il pense avoir vécu si longtemps en ignorant tous ces maux, alors ces maux l’ignorent aussi. Comme tout le monde d’ailleurs.

Il s’arrête devant chacune des vitrines des magasins. Les passants font semblant qu’il n’existe pas, pour mieux l’éviter semble-t-il.  Ce n’est pas tant son odeur ni son allure mais surtout sa lenteur qui dérange.

Après une longue réflexion, il finit par décider d’entrer dans un dépanneur pour s’offrir une gâterie, un bonbon.

Fred entre dans le magasin. Après de multiples essais erreurs, il réussit à faire entrer aussi son gros chariot. Le caissier le regarde d’un œil méfiant. Fred parcourt toutes les allées sans lâcher son chariot passant tout juste sans trop accrocher les items sur les étalages. Au bout d’une trentaine de minutes, il arrive enfin à la caisse. Il se met au bout de la file d’attente.

22h55 :  l’heure critique où les clients viennent chercher leurs dernières bières d’urgence. L’objet de son désir s’y trouve enfin. Mais comment choisir parmi la longue liste pourvue d’images délavées ? Bonbon dur ou bonbon mou ? Oui, un bonbon dur pour qu’il dure loooongtemps, pour le déguster traaanquillement, le plus loooongtemps possible, jusqu’à la fin des temps si possible.  D’accord pour le bonbon dur mais il y a plusieurs choix : bâton fort, beurre écossais, gingembre, boule à la réglisse, bracelet en bonbons, casse-gueule, coeurs à la cannelle, dragées, fireball, jelly bean, lune de miel, mini banane, poisson épicé, sucre d’orge au miel, toffeee au rhum. Hummm, que de choix alléchants…

–            Monsieur, Monsieur ! Dépêchez-vous, Monsieur, il y a des clients derrière vous. Mister ?

Son cœur balance entre deux bonbons à l’ancienne lui rappelant son enfance, la dragée ou le sucre d’orge. Il opte, après mure réflexion, pour un bonbon moderne : le casse-gueule. Il pointe l’image au caissier.

–         Le caca, le cacacacass, casse-gueugueugueugueuuule, ssssi-vvvvvous-ppp…

–         On en a pas Monsieur ! Qu’est-ce que vous voulez d’autres ?

–         Euhhhh. Ooooookkkkké. Jjjjje vvvvvais  pppprendddreuhhffff.

–         Faites juste me le pointez là !

–         Euh… le suce, le susucreeedddddorrrrrggeaumi….

–         C’est 3,99$ le sac.

–         Ah nnnnon. J’en vvvveux jjjjjusssst’un.

–         On les vend pas à l’unité.

–         Maimaimais j’ai sssseulemmment  ça.

Il fouille longuement dans sa poche.

–         Montrez-moi ce que vous avez là !

Fred dépose un gros paquet de cennes noires sur le comptoir.

–         Ah non ! C’est pas vrai !

–         Pouvez-vous nous passer avant, on a un bus à prendre nous autres !

–         C’est beau, c’est beau, on va régler ça vite. OK Monsieur, je prends toutes vos cennes pis je vous en donne quatre. Ça va ?

–         Nnnnnon, vvvvvvouzzzavez ppppppas conconcompris ! J’en veux jjjjjjust’un.

–         Ahhhhhh ! (exaspéré) OK je vous le vends 50 cents alors. Je fais 5 paquets de 10, c’est beau ? Tassez-vous su’l bord avec votre chariot pis laissez passer les gens pressés. 

Un homme cagoulé et armé surgit en gueulant :

–                Pas un geste, tout le monde parterre !

Fred ne comprend pas la raison de cet ordre soudain.

–                Monsieur, obéissez-lui ! Allongez-vous parterre !

Pourquoi faire cela? Il se fait avertir à la journée longue de ne pas s’allonger nulle part.

–                Enwouaye le pouilleux étends-toé ! Es-tu sourd ?

Fred développe avec beaucoup d’attention son sucre d’orge au miel.

–                Pas un geste, j’ai dit !

Fred porte le sucre d’orge au miel à sa bouche et le savoure langoureusement avec délice. Il part dans les nuages.

–                Hey le cave, arrête de me niaiser !

Dans un ultime moment de bonheur, Fred, s’allonge enfin parterre dans un terrible fracas, sans omettre de  renverser tout le contenu de son chariot.

–                Y est mort, le vieux !

–                Ah shit, il fait chier ! Ça va passer sur mon dos. Merde ! Je voulais pas tuer parsonne ! J’ai pas le temps de faire des années en dedans ! Chu encore jeune moé !

« Il vivra pas vieux celui-là, en se faisant tant de mauvais sang », se dit l’âme de Fred flottant dans les environs avec un bon goût de miel dans la mémoire de ses papilles.

===============================================================

Mon texte publié sur l’Entonnoir

Publié dans Bonheur lenteur, L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Retour de l’OFNI en 2114

L'Entonnoir

26 mai 2114

 –          Grand-Lou Papounet, est-ce qu’on va mourir ?

–          Si on peut être certain d’une chose, c’est qu’on mourra tous un de ces jours. Mais ce qu’on ignore, est quand et comment. Regarde-moi par exemple, jamais je n’aurais pensé vivre jusqu’à 107 ans. Et pourtant je suis toujours là et j’ai eu la chance de te connaître Claude, toi, mon arrière-arrière-petit-fils. J’ai l’impression que la mort m’a oublié parfois. Mais grâce à toi, je l’en remercie même si elle m’a pris mes parents et  enfants.

–          Crois-tu Grand-Lou que cet OFNI orange nous tuera ?

–          Que veux-tu dire par OFNI ?

–          Un objet flottant non identifié. J’en ai vu dans des films mais c’est la première fois dans la vraie vie.

–          Il n’est pas non identifié. Je connais cet objet flottant, c’est un astre qui s’appelle le Soleil. Habituellement, on ne le voit pas mais…

Voir l’article original 431 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Un méchant Buzz dans la Lune

L'Entonnoir

Mon nom vient de ma petite sœur  qui m’appelait « Buzzer » pour dire brother. Depuis, on m’a toujours surnommé Buzz.

Le 20 juillet 1969, je vais enfin vivre mon plus gros buzz. Bien que je m’attende d’abord à être LE premier à poser mon pied sur la Lune avec mon expérience de mission extravéhiculaire, je dois laisser place à mon commandant Neil surnommé « Mister Cool ». Mon rôle est de piloter notre foutu module d’excursion lunaire « Eagle », une bête sauvage difficile à apprivoiser.

Distrait par le système d’alarme qui ne cesse de nous embêter, Neil prend maladroitement les commandes et perd le contrôle pour alunir dans la Mer de la Tranquillité. L’atmosphère n’a rien de tranquille. Je bouillonne de l’intérieur, je lui en aurais foutu une mais je dois garder mon calme. Je suis impatient de me libérer d’un aussi petit espace, pour me plonger dans ce vaste Espace.

« Monsieur Cool » est occupé…

Voir l’article original 572 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Zillonien cherche les siens

L'Entonnoir

Cher journal,

Malgré la bouteille avec mon message de détresse que j’ai envoyée dans l’espace, aucun habitant de ma planète Zillon n’est encore venu à mon secours après déjà 43 heures. Les salauds, ils me laissent pourrir ici. Je ne vois pas pourquoi ils m’ignorent ainsi, qu’est-ce que je leur ai fait? Pourtant ils savent que je suis un être faible et sans ressource avec mes naïfs 124 printemps et mon inexpérience en tant que voyageur. Pour un premier voyage, j’ai eu si peu de veine de tomber sur une planète aussi laide avec tous ses espaces verts étouffants, sans parler de ses habitants tous aussi débiles les uns que les autres. À part, bien sûr, ma touchante Greta bien enveloppée pour qui j’ai été son premier amour.

Et maintenant me voilà pris entre les mains des brutes bleues qui m’ont agressés en m’habillant de force après m’avoir sauvagement capturé…

Voir l’article original 445 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir, Zillonien | 1 commentaire

Le conte des trois petits singes

L'Entonnoir

Il était une fois trois frères singes karatékas: le plus vieux, Théo, sur la défensive, fort dans les esquives; le second, Ajax, fou brac, toujours d’attaque ; le plus petit, Henri, un mystérieux apprenti.

Bully le tigre, menace de la jungle, avait envie de s’amuser à humilier ces trois « experts » de karaté, avant de les dévorer. S’en prenant au plus grand : « Hey gros babouin, poule mouillée devant tes frères ou prêt à les défendre ? » Décontenancé Théo répliqua : « Fiche-nous la paix ! » Le fauve aux dents acérées le barbait, grognant dans son oreille : « Pourquoi partir ? On s’amuse tellement ici… » Théo éloigna ses fesses, au sommet du palmier à toute vitesse. Mais le tigre aux longues griffes pointues, rapide et agile, grimpa aussitôt. Théo, coincé au bout du tronc, armé seulement de noix de coco qu’il lança de toutes ses forces, ne l’affectant guère. De sa gueule béante, Bully les croqua, dégustant…

Voir l’article original 405 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Trans Robert

L'Entonnoir

2014, salle d’opération

Robert :   Docteur, ce qui me fait le plus peur, c’est même pas de me la faire couper mais de m’endormir et plus revenir.

Docteur : Robert ne va peut-être pas revenir mais je suis certain que Roberta se réveillera en pleine forme. Êtes-vous prêt pour le grand voyage ?

Robert : Oui.

Docteur : Essayez de visualiser qui vous désirez devenir, pendant que l’anesthésiste vous fera l’injection. Je vais compter jusqu’à 5, 1-2-3-4-… Ça y est, il est déjà parti. Marilyn, passez-moi le bistouri.

Robert : Hé, vous avez pas compté jusqu’à 5. Hé ho ! Vous m’entendez pas. Je suis pas endormi, je vois tout, je sens tout ! Pas une expérience de mort imminente ! Ah nooooooooooooooon !

Noir –

1920, une ruelle sombre, Philadelphie

Roberta : Où courrez-vous ainsi mademoiselle ?

Joséphine : Je danse dans la troupe de rue des Dixie Steppers. On vient de terminer notre numéro et un fou furieux s’est mis…

Voir l’article original 781 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Zoom sur une transformation extrême

L'Entonnoir

J’ai pris toute une résolution. Ne plus me magnifier, me poudrer, me photoshoper, me camoufler, me trafiquer, ni me censurer. Ni fixer pour toujours mon image dans la mémoirepopulaire. Tenter de figer le bonheur. Pfff, quelle illusion! On ne doit surtout pas le surexposer, sinon il meurt sur le champ. Le bonheur a besoin de spontanéité, de pureté, de vérité, d’un regard d’enfant qui ne réfléchit qu’à l’instant présent. Son développement doit être instantané. De toutes façons, les souvenirs s’effacent sur nos disques durs internes.

Dans cette optique, je dois garder le focus, ne pas fermer les yeux, ouvrir l’obturateur, regarder de face la réalité, telle qu’elle est, même si je sais bien que c’est une histoire de perception. Après tout, comment rester objectif ?…

Voir l’article original 511 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Coeur emprisonné

L'Entonnoir

Suzanne,

Je te laisserai des mots sur ta table de chevet comme on lance une bouteille à la mer, demain matin, pour que mon départ ne soit pas vide. Pour que tu ne crois que c’était juste une aventure.

Les gens qui doutent n’ont jamais la prétention d’atteindre le bonheur. Cette lutte continuelle, cette recherche incessante, inassouvie, nous maintient toujours en vie.

Je sais que le baiser que tu m’offres à l’instant présent me fera tomber en pleine face dès que je me relèverai de l’instant aimé.

Suzanne, tu n’es pas une sorcière comme les autres. Tu es l’engeôlière qui pourrait capturer mon cœur. Mon coeur prisonnier de sa liberté.

Pendant que les champs brûlent dans ce lit trop chaud, moi je me carbure, je me fonds, je me dissous, je me consume sous ton corps à la fois de paille et de feu. Je…

Voir l’article original 116 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

C’est pas facile

L'Entonnoir

C’est la rentrée. Yé. J’ai hâte de revoir mes amis.

Mais au fait où sont-ils? Qui sont mes amis dans toute cette gang?

C’est vrai, aujourd’hui, c’est pas vraiment le premier jour d’école mais le premier jour de service de garde. Alors il n’y a pas de cérémonie de bienvenue, pas de parents qui accompagnent. C’est chacun pour soi, pêle-mêle dans la cour d’école, les gars d’un bord, les filles de l’autre qui font semblant de cuisiner avec des roches, des bouts de branches et des insectes. Je suis quand même pas pour aller jouer avec elles.

Il y a Thierry qui crie mon nom pendant qu’il joue au ballon avec des grands de 5e. En fait, ils doivent être en 6e cette année. Je pourrais aller le rejoindre mais… peut-être qu’ils ne veulent pas vraiment que je joue avec eux. J’ai pas envie qu’ils rient de…

Voir l’article original 498 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

S.O.S., à l’aide, help me, au secours, Zillonien en détresse

L'Entonnoir

Ces dernières 24 dernières heures sur la planète Terre ont été les plus longues de tout mon voyage qui pourtant, me semblait déjà assez pénible comme ça. Il faut dire que vingt-quatre heures représentent une journée entière sur cette planète même si chez nous, sur Zillon, ça ne représente qu’une brève inspiration.

Je me retrouvais à la fin d’un « pique-nique » avec ma charmante amie de cœur Terrestrienne, Greta. Voulant simplement profiter d’un rafraîchissement local, la «pluie », j’avais enlevé au préalable mes encombrants tissus recouvrant constamment la peau. Mais voilà que de bêtes brutes abrutissantes munis de leur alarme bruyante, sont venues m’empester la vie, m’astreignant à poser mes deux mains sur le capot de leur voiture.

Naturellement, je prends peur à demeurer dans cette vulnérable position, sachant qu’on ne doit jamais tourner dos et orifice à notre adversaire. Je décide alors de bondir sur la voiture et de grimper dans…

Voir l’article original 448 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir, Zillonien | 1 commentaire

Discours de victoire de Monsieur B

Le défi de l’Entonnoir:

http://lentonnoir.wordpress.com/2013/07/01/defi-juillet-2013/

Moi, Monsieur B, ici présent, vous témoigne mes plus sincères remerciements pour cette élection que je viens de remporter et j’envoie un merci singulier pour mes collègues qui m’ont soutenu tout le long de ce processus. Oui, celui qu’on entend plus, dont on ne discute plus, n’est tout simplement plus de ce monde. Il est enfin mort, définitivement, pour toujours, fini, n-i-ni, niet, son règne est terminé. Il ne nous embête plus. Enfin. Ce fut une douce riposte. Nous sommes donc, mes collègues et moi, les vingt-cinq lettres du répertoire du Betôbet, un très bon chiffre rond lorsqu’on y pense. Je suis enfin le premier et mes efforts me permettront de mériter les honneurs que vous m’octroyez.

Toutefois, que je n’en vois plus un utiliser l’exclu en notre sein. Notez bien que ceux qui feront du règlement, des perversions, seront sévèrement punis. On ne s’ennuie nullement de celui qu’on n’oublie. Vous voyez, on peut très bien s’en libérer, ne plus s’y référer et pouvoir dire tout ce que l’on désire. Si vous éprouvez des difficultés, je vous suggère de bien vous renseigner chez messieurs les Synonymes qui peuvent vous secourir en tout temps.

Il fut un temps, en 1968, où M. Georges Perec eut l’idée de supprimer Monsieur E, le temps d’un livre, dont le titre ne plus être nommé ici. Seulement, ce noble confrère se trouve profusément plus utile. Le voici revenu de ses folles péripéties, heureusement pour nous. Dès le récent décès du prétentieux précédent président qu’on ne nomme plus, Monsieur E est promu d’une 5eposition vers une 4e position qu’il mérite fort bien et je l’en félicite. J’en entends quelques-uns rouspéter que je viens d’utiliser le mot 4e, bien qu’il semble prohibé. Nous pouvons très bien utiliser les chiffres dont le renfort est précieux. Entendez-moi bien : je suis le chef et c’est moi qui décide des nouvelles règles d’écriture.

J’entends dire que des gens du public ont récemment émit quelques griefs puisqu’ils éprouvent présentement des difficultés pour exprimer une émotion qu’il juge sérieuse entre deux êtres qui décident d’être en couple. Je ne suis nullement insensible envers ce cri du cœur. Il existe des solutions. Il suffit de tenter de voir les choses différemment et de s’exprimer comme on peut en présence de l’être chéri. Nous pouvons lui dire : « je te désire » ce qui est tout de même extrêmement sensible selon moi. Bon, on me dit que ce mot possède un sens trop sexuel et peut offenser quelques personnes surtout en présence de jeunes oreilles. (Je souligne ici, pour les intéressés, qu’heureusement le mot « sexe » est toujours permis.) Personnellement, je trouve que « je te love » est excellent même si le mot sonne English. Des objections ? Bien sûr ! Quoiqu’il signifie plutôt « je t’enveloppe » selon mon opinion. Je suggère donc de dire : « je t’estime » en début d’union, du moins. Trop chiche? On peut bien dire : « je t’honore » ou « je te vénère » si vous voulez créer une forte impression. Trop fort, trop soumis? Une meilleure idée m’est venue justement d’utiliser le 4 pour le substituer. Que pensez-vous de : « je t’4ime » ? J’écoute mes concitoyens et je comprends le comité des lettres de s’y opposer formellement. Voyez-vous où je veux en venir ? Je suis devenu le premier, et je peux très bien prendre ce poste supérieur. Une nouvelle loi stipule qu’on doit dire dès lors : « Je te bime » et que je n’en vois plus un protester !

Fin du discours.

L'Entonnoir

Moi, Monsieur B, ici présent, vous témoigne mes plus sincères remerciements pour cette élection que je viens de remporter et j’envoie un merci singulier pour mes collègues qui m’ont soutenu tout le long de ce processus. Oui, celui qu’on entend plus, dont on ne discute plus, n’est tout simplement plus de ce monde. Il est enfin mort, définitivement, pour toujours, fini, n-i-ni, niet, son règne est terminé. Il ne nous embête plus. Enfin. Ce fut une douce riposte. Nous sommes donc, mes collègues et moi, les vingt-cinq lettres du répertoire du Betôbet, un très bon chiffre rond lorsqu’on y pense. Je suis enfin le premier et mes efforts me permettront de mériter les honneurs que vous m’octroyez.

Toutefois, que je n’en vois plus un utiliser l’exclu en notre sein. Notez bien que ceux qui feront du règlement, des perversions, seront sévèrement punis. On ne s’ennuie nullement de celui qu’on…

Voir l’article original 424 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir, Monsieur B | Laisser un commentaire

Pique-nique sur Terre

L'Entonnoir

Cher journal de voyage,

Je sens le besoin de me confier à toi car mes aventures en tant que Zillonien hors de ma planète natale ne se déroulent aucunement comme prévu. Après ces 3600 premières heures, je constate que tout ce que je peux tirer de positif de cette interminable escapade, est de conserver un souvenir écrit de ce cauchemar. Mes talents littéraires pourront du moins me permettre d’en tirer un best seller à mon retour sur Zillon.

Je rêvais de découvrir des nouveaux plats exotiques remplis de savoureux crounchicrounch ou de délicieux zloukbeurk. Mais ici sur la planète Terre, destination qui m’a été imposée bien malgré moi, soit dit en passant, la nourriture est totalement infecte. Étonnamment, on ne retrouve aucun met suffisamment gluant pour me satisfaire ni de motons dégoulinants dans les menus. Tout semble avoir une texture dure ou lisse et je n’ose même pas y goûter…

Voir l’article original 742 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir, Zillonien | 1 commentaire

Voyage dans une galaxie loin de chez vous

L'Entonnoir

Statut : Croyez-le ou non, pour la première fois de ma vie, je mettrai le pied hors de ma planète Zillon natale.

Statut : En cette ère technologique, avec mes 124 ans printaniers complétés, je devrais avoir exploré les galaxies, comme tous les jeunes de notre génération. Vous me manquerez les amis mais c’est mon tour de l’univers.

Statut : C’est donc à l’été de ma vie que je vais enfin m’affranchir de mes 6 parents qui cesseront de me surprotéger. À  moi l’inconnu et la découverte des autres cultures.

Statut : Je crois que l’agente spatiale au comptoir me fait de l’œil (celui du milieu, son plus hypnotisant). Elle me fait sentir comme un homme sérieux et responsable.

Statut : J’entre dans l’aéroplouk en rêvassant sur mon idylle temporaire qui pourrait se poursuivre à mon retour dans 13 ans. C’est dommage de quitter comme on commence à s’attacher. J’espère rencontrer une charmante extra-zillonnestre en attendant.

Statut :…

Voir l’article original 420 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir, Zillonien | 1 commentaire

Votre humble Monsieur B

Le défi de l’Entonnoir:

http://lentonnoir.wordpress.com/2013/03/01/defi-mars-2013/

Suis-je bête? Je ne suis que Monsieur Bbien, bon, banal. Bof, après tout je sais bien que je ne serai jamais que le bouche-trou, la bobonne de service, la brebis galeuse, le bouc émissaire. Je ne pourrai jamais aspirer à être comme cet as, Monsieur Aadroit, actif, adulé, aventurier et agressif.

Déjà bébé, je bredouillais malhabilement des bebebeb, en brandissant mon beau bedon tout rond… Puis, bam! En grandissant, deux bons gros bourrelets bondirent devant le bonhomme bonasse que je suis devenu. Alors que lui, avec son aimable petite tête ronde artistique d’enfant allumé et ses cheveux académiquement lissés, cet affreux adversaire devint, adolescent, un athlète accompli, puis adulte, un véritable adonis aguerri, audacieusement en constante ascension du haut de ses deux grandes pattes agiles.

Serais-je un bâtard, un bon à rien qui se balance bizarrement les boursoufflures en déambulant tel un canard boiteux? Au mieux, je pourrais être un bureaucrate boulimique qui bave de jalousie devant cet apôtre de l’Amour qui ne cesse de s’accroître en version absolument améliorée, dans une véritable apothéose. Quel  agaçant animal autoritaire, en plus! Il ne cesse d’agir aigrement pour m’affaiblir en m’abaissant et en m’accablant pour mieux m’atterrer, m’agresser, m’abattre, m’assaillir. Veut-il m’anéantir à tout jamais ou quoi?

Mais que serait l’arrogant Monsieur A le premier, sans le boboche Minus B le second? Et bien moi, je m’en branle de son acariâtreté, car je sais qu’il serait totalement seul sans son bras droit. Il semble oublier que je suis son unique voisin du bout du rang. Il devrait se considérer comme mon associé, et même mon assistant car si je le bouscule en bas de la barre avec mon bouclier, j’aurai encore 24 bienveillants alliés de mon bord. Il a beaucoup plus besoin de moi, que moi de lui. Que peut-il devenir sans les autres : AAAAAA! ou bien aaaa… ?

Quelle bêtise de vouloir battre son prochain ainsi. Ça me brûle de sortir le bélier en moi pour casser la baraque telle une brute. Je bouille de le bouffer tout rond ce bourgeois blanc-bec, de le laisser bêtement baigner dans sa marre de boue, de le bombarder de bananes brunes comme un babouin belliqueux.

Mais à quoi bon? Non, je ne blasphémerai pas. Je suis Monsieur B, un bien-pensant, un bel exemple de bienséance, un homme bien, un homme de bon goût, un homme de lettres.  Cet abruti est mal baisé, voilà tout. Pourquoi me brouiller avec cette andouille? Il peut bien me bouder, je m’en balance. Je butine dans une belle bulle de bonheur en récoltant des bisous de cette coquine Mme qui me complimente sans cesse. Vous voyez? Je peux très bien me passer de ce dernier.

L'Entonnoir

Suis-je bête? Je ne suis que Monsieur B, bien, bon, banal. Bof, après tout je sais bien que je ne serai jamais que le bouche-trou, la bobonne de service, la brebis galeuse, le bouc émissaire. Je ne pourrai jamais aspirer à être comme cet as, Monsieur A, adroit, actif, adulé, aventurier et agressif.

Déjà bébé, je bredouillais malhabilement des bebebeb, en brandissant mon beau bedon tout rond… Puis, bam! En grandissant, deux bons gros bourrelets bondirent devant le bonhomme bonasse que je suis devenu. Alors que lui, avec son aimable petite tête ronde artistique d’enfant allumé et ses cheveux académiquement lissés, cet affreuxadversaire devint, adolescent, un athlète accompli, puis adulte, un…

Voir l’article original 445 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir, Monsieur B | Laisser un commentaire

Bleu à l’âme

L'Entonnoir

Ta chambre était sens dessus dessous quand j’y suis arrivée. Je me repose enfin sur une de tes deux chaises brunes à l’osier verdi. Il me passe par l’esprit que cette deuxième chaise n’a peut-être jamais servi à personne d’autre. Je ne te connais pas d’ami.

Ta garde-robe est tellement remplie de cochonneries de toutes sortes que j’ai dû accrocher, derrière ton lit, tes chemises bleues éparpillées un peu partout. Bien qu’elles soient dues pour être lavées. Elles sentent la sueur et le goudron à plein nez. On dirait que tu n’aimes qu’une seule couleur. Je n’ai retrouvé que des vêtements bleus chez toi, y compris tes blue jeans.  C’est vrai que tu as été col bleu. Je me demande si tu avais choisi ton métier pour sa couleur ou si c’est la couleur bleue qui avait choisi de te simplifier la vie. Avoue que tu n’as jamais aimé te…

Voir l’article original 379 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Comment se sortir d’un cauchemar en 10 étapes

L'Entonnoir

Telle une jeune première, ELLE ne faisait qu’un avec sa somptueuse robe blanche, dégageant un léger parfum de pêche.

Son meilleur ami qu’elle avait choisi comme son témoin, se tenait derrière ELLE. Celui-ci fut hypnotisé par son odeur et se décida à passer enfin aux aveux avant qu’Elle ne prononce ses vœux. Il lui glissa alors à l’oreille : « J’ai deux mots à te dire ».

ELLE se retourna subitement. Surpris de voir l’intensité de ses yeux plongés profondément dans les siens, il se mit à babiller : « Je je… Euh pardon, ce n’est trois fois rien.»

ELLE voulut se dégager car celui-ci pilait sur sa longue traîne. Mais voilà qu’ELLE se retrouva les quatre fers en l’air, dévoilant ainsi sa petite culotte toute aussi blanche. ELLE poussa un long cri perçant: Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!

Il cru recevoir son message cinq sur cinq comme un appel à l’aide. Il…

Voir l’article original 441 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Trouvez l’erreur

L'Entonnoir

Abeille12 : Je te gage que t’es pas en ligne pour de vrai.

Mystique13 : C’est ça, je suis pas là.

Abeille12 : lol… T’es donc ben drôle toi. Qu’est-ce tu mets pour le party à soir?

Mystique13 : Je le sais-tu? Comme t’es mon idole, je vais essayer de m’habiller pareille comme toi.

Abeille12 : T’es de plus en plus drôle. Je suis tordue de rire. Je voulais juste savoir si t’allais mettre ton kit bleu royal pcq j’aimerais justement mettre le mien.

Mystique13 : Parfait, c’est ça que je te dis, je vais m’habiller avec mon beau kit bleu si tu me le dis. On va être super belles écoeurantes, en matchant parfaitement toutes les deux. Ça va flasher.

Abeille12 :   Arrête, je suis pliée en 2…   Je vais pisser dans mes culottes si tu continues.

Mystique13 : Ben quoi, c’est pas ça que tu veux, qu’on ait l’air d’être les meilleures best du monde?

Abeille12 :…

Voir l’article original 214 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Méprise

L'Entonnoir

Je n’en peux plus qu’on me donne des ordres. Tous des zoufs qui se prennent pour des rois.

À commencer par cette petite blondasse écervelée, princesse d’un premier mariage. Elle se croit déjà future souveraine en se pavanant avec ses demoiselles d’honneur qu’elle traite comme ses servantes. Je peux vous dire qu’elle se met un doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Un héritier naîtra sous peu et lui volera son espoir du trône. Je l’ai su par le chaperon qui les espionne sans cesse. Elle peut bien parler cette fouine avec ses allures de nonne chaste et pure. Elle couche avec le garde du corps qui porte bien son titre.

Il n’y a que du faux ici, du toc. Ce Velasquez fait semblant de peindre ses deux tourtereaux royaux. Mais en fait, il s’amuse à faire des collages avec ses anciennes toiles. Il peut bien s’enfuir par l’escalier de secours en…

Voir l’article original 238 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Le miroir de l’âme

L'Entonnoir

« Je veux mon présent!» me lance-t-il, comme je le prends dans mes bras. J’ai horreur de ne pas savoir quoi lui offrir pour lui faire plaisir à son anniversaire. Cette phrase m’était-elle destinée? A-t-il encore le désir d’une montre Rolex? Ses rares mots étaient d’une surprenante élocution. Peut-il guérir son aphasie, après trois ans de mutisme à se laisser traîner dans son lit? Je constate que celui-ci est mouillé d’ailleurs. Ce n’est qu’un petit accident. Il a l’air bête mais il doit seulement avoir envie. Il me regarde intensément avec ses grands yeux de chien. En le lâchant sur sa chaise, je pourrais l’aider à rouler jusqu’à la toilette. Une vraie punition, il faudrait payer un préposé pour s’occuper de ces trucs-là. Sans blague, après cette réconfortante parole, je lui dois  mon pardon pour son…

Voir l’article original 503 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

L’Oubliée

L'Entonnoir

Un vendredi soir de pluie,

rien au programme, que de l’ennui.

J’entends la sonnette.

J’ouvre ma porte, inconsciemment, presque par mégarde.

J’avais baissé ma garde.

La voilà,

elle est là,

sur le seuil.

Je la reconnais,

c’est bien elle.

À moitié nue,

grelottant de froid

avec sa camisole déglinguée

et son air d’adolescente naïve et perdue

bien qu’elle ait vieilli.

Sa peau en montre les marques

mais au fond d’elle, toujours aussi vive.

Son regard me traque dans le noir.

Menaçante, effrayante

mais à la fois enivrante, attirante.

Après toutes ces années,

elle me retrouve.

Je ne sais plus si c’est elle qui m’ait abandonnée

ou si c’est moi qui l’ai forcée à me laisser.

Je croyais l’avoir ensevelie

dans l’oubli

pour de bon.

Mais non, j’aurais dû me douter.

On ne peut pas effacer complètement toutes les traces

dans le disque dur de notre mémoire.

Du même coup, tant…

Voir l’article original 187 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Tyrannie

L'Entonnoir

Dans la taverne de son humble bourg, aucun gentilhomme ne s’y trouvait, particulièrement en un tel soir de finale entre les fameux Habs et les terribles Bruins. Il y régnait une mauvaise humeur généralisée, entrenue par tous ces gérants d’estrade qui s’engueulaient avec pas mal plus de hargne que les chroniqueurs de l’Antichambre.  Pourtant, Jean-Guy, lui, connaissait et appréciait le hockey, réellement, aucunement pour la partisannerie mais seulement pour la beauté du jeu et les finesses des stratégies. Sans faire de bruit, il célébrait intérieurement les buts de chaque équipe lorsque ceux-ci étaient bien effectués. Jean-Guy servait de la bière depuis bientôt 25 ans, toujours ignoré de ses clients ou traité tel un simple laquais à leur service, comme si c’était eux qui avaient le pouvoir absolu sur lui.

Dès le commencement du match, les hommes de Cro-Magnon se comportaient exactement comme il l’avait prévu

Voir l’article original 311 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Dépasser ses limites

L'Entonnoir

1er: Bonne année! On ne perd pas de temps pour célébrer, on n’a évidemment pas la tête à écrire un texte.

2: Un lendemain de veille ne fait pas beaucoup de bien à cette fameuse tête.

3: Ne sommes nous pas toujours en vacances cette semaine?

4: Rien ne nous empêche de ne pas commencer immédiatement les bonnes résolutions.

5: Premier jeudi du mois, n’est-ce pas une bonne journée pour une randonnée de raquettes.

6: Non je n’ai pas pogné la bine dans le gâteau des rois.

7 : Enfin un samedi, même si on n’a pas vraiment besoin de fin de semaine en vacances.

8: La fête d’une bonne amie n’est pas faite pour nous concentrer ailleurs qu’à la fête.

9: Le premier jour de travail n’était pas vraiment attendu avec la plus grande hâte.

10: Comme disait mon grand-père « Qui n’a pas le cœur à l’ouvrage…

Voir l’article original 445 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Un nain berbère

L'Entonnoir

À bord d’un paquebot de croisière sur la Mer Méditérranée, Hennu un nain berbère partit désespérément à la recherche de ses racines. Seul au monde, il était convaincu d’être un descendant des rares survivants de l’Atlantide, terre engloutie autrefois par des tsunamis extrêmement violents.

À l’aube, dès le lever du soleil, Hennu aimait flâner sur le pont du bateau à observer longuement l’horizon. Il pourrait peut-être apercevoir les Iles Canaries qui, selon ses recherches, devaient être les derniers débris de l’ancienne cité de ses ancêtres, les Numides.  Il n’avait glissé mot à quiconque de sa quête anthropologique et généalogique.

Deux prêtres arrivèrent subitement sur le pont à la recherche d’un enfant qui s’était enfuit de sa loge. Ces vilains kidnappeurs détenaient les 53 jeunes filles et 52 garçons disparus mystérieusement de l’orphelinat de Misrata en Libye. Ces malfaiteurs malfaisants avaient de sombres plans cachés de vendre ces enfants pour leur…

Voir l’article original 168 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Le Monstre blanc

L'Entonnoir

Mesdames, bienvenue au camp des bûcheronnes!
Avez-vous fini, TCHOPTCHOPTCHOP, de couper votre petit bois ?
C’est moi, votre malheureuse conteuse Gastonne.
Tirez-vous une bûche juste icitte, BADANG, pis écoutez-moi.

J’m’en vas vous rappeler un grand danger
Qui nous guette à ce temps-ci de l’année.
Ce monstre profite de novembre pour nous séduire,
Dans le but, mesdames, TADAM, de nous envahir.

Au début, il met ses beaux habits blancs tout élégants.
FSSSSIIIIHOU! Il nous enfirouape en nous sifflant.
De ses grands yeux doux, ZOUZOUZOU, il nous hypnotise
Pour finir par nous créer, HOUHOUHOU, une véritable hantise.

C’est pas long qu’on voit son côté fret et sombre,
Il nous poursuit jusque dans notre ombre.
FLOUQUEFLOUQUE, on en a notre voyage,
FLAP ET VLAN, de ses gifles au visage!

V’la-t’y pas qui nous laisse ses habits tout dégueulasses
Nous faire sentir, PLOC, dans un vrai bain de mélasse.
Pis tout d’un coup, ZIPZOUP…

Voir l’article original 43 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Indiana Jean

L'Entonnoir

J’avais neuf ans, la famille se préparait pour un fabuleux voyage en camping avec une magnifique tente roulotte empruntée à des amis de mes parents. À vrai dire, mes parents ne connaissaient absolument rien au camping mais ils étaient remplis d’une formidable envie de nous faire vivre la survie en pleine nature, mon père du moins. La destination : le mythique Lac Georges dans l’état de New York.

Ma grande sœur et moi étions surexcitées à l’idée de vivre enfin l’aventure de notre vie. Que de montagnes nous allions avoir à escalader, de mers à traverser à la nage et de bêtes à capturer mortes ou vives! Mon jeune frère, qui n’allait pas encore à l’école, avait à peine conscience du voyage inhabituel dans lequel nous nous étions hasardés.  À vrai dire, nous étions tous aussi inconscients. À peine sortis de notre quartier, mon paternel nous lançait son classique « à date…

Voir l’article original 441 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire

Les Condamnés

L'Entonnoir

Propulsé dans l’eau, Bernard mourut sur le champ. Ses compagnons toujours vivants, frémissaient d’horreur à voir leur confrère se faire assassiner avec autant de sang-froid. Dans les heures qui suivirent, la vingtaine de congénères restèrent dans le doute à savoir quand la leur sonnerait. C’est en de telles circonstances que l’inspecteur Morris, qui flânait par là pour des motifs purement personnels, trouva suspect d’apercevoir le corps mort de Bernard, devenu tout rouge. Ce dernier occupait très exactement l’entière superficie de l’étendue d’eau. Ce n’était absolument pas réglementaire d’abandonner ainsi une dépouille à la vue de tous. De plus, la distance entre les condamnés à mort qui l’observaient avec effroi connaissant leur dessein, était largement insuffisante. Morris considéra qu’il avait tout de même réussi sa première journée d’ouvrage en collant une amende au fautif. L’inspecteur lança alors au négligeant propriétaire, l’œil vif et menaçant : «Gare à toi, tu verras ton permis de restauration réquisitionné…

Voir l’article original 21 mots de plus

Publié dans L'Entonnoir | Laisser un commentaire